Belle de Jour de Joseph Kessel

Belle de Jour de Joseph Kessel


Paru en 1928, Belle de Jour nous conte l’histoire de Séverine, femme mariée qui ne connaît pas les plaisirs de la chair. Poussée par sa curiosité et en quête de jouissance, elle en viendra à se prostituer dans une maison close et mènera une double-vie… Sa vie bien rangée et sa vie de débauchée finiront par se télescoper dans un drame…
Luis Bunuel en a fait un film en 1967 avec Catherine Deneuve dans le rôle de Séverine.
189 pages aux éditions Folio

Résumé de Belle de Jour de Joseph Kessel

«Ce que j’ai tenté avec Belle de Jour, c’est de montrer le divorce terrible entre le cœur et la chair, entre un vrai, immense et tendre amour amour et l’exigence implacable des sens. Ce conflit, à quelques rares exceptions près, chaque homme, chaque femme qui aime longtemps, le porte en soi. Il est perçu ou non, il déchire ou il sommeille, mais il existe.»
Joseph Kessel.

Un grand film de Luis Buñuel avec Catherine Deneuve. Joseph Kessel, de l’Académie française, né à Clara (Argentine), de parents russes, est l’auteur de L’Equipage, du Lion, des Cavaliers, des Mains du miracle, et du grand cycle romanesque Le Tour du malheur.

Extraits de Belle de Jour de Joseph Kessel

Lisez quelques extraits de Belle de Jour de Joseph Kessel :

La figure froide et comme coincée dans un moule invisible, presque incapable de respirer, les membres lourds, lourds à laisser croire qu’ils ne pourraient plus jamais remuer, Séverine se sentait mourir. Elle ne savait point ce qui se passait en elle, mais elle ne devait jamais oublier cet état cadavérique ni cette angoisse indicible qui lui arrêtait le coeur. Devant elle passaient tour à tour des flammes et des nuées à travers lesquelles elle devinait des nudités tordues. Elle aurait voulu fermer ses yeux de ses mains, car ses paupières étaient aussi rigides que le reste de sa chair, mais ses mains reposaient sans force à côté d’elle.

La figure de Mme Anaïs, les beaux seins de Charlotte, l’humilité équivoque du lieu, son odeur qu’elle avait cru porter un soir dans ses cheveux, tout cela s’acharna sur la mémoire charnelle de Séverine. Elle en frémit d’abord de répulsion, puis l’accepta, puis s’y complut. La présence de Pierre et l’amour déchirant qu’elle avait pour lui la défendirent quelques jours. Mais la fatalité intérieure inscrite en Séverine, vrai sceau de son destin, devait s’accomplir.