Fanny Hill : La Fille de Joie de John Cleveland

Fanny Hill : La Fille de Joie de John Cleveland


Fanny Hill : La Fille de Joie de John Cleveland est un grand classique érotique de la littérature anglaise du XVIIIème siècle. Fanny Hill narre dans une grande lettre ses mémoires plaisir. Devenue prostituée à l’adolescence, elle est ensuite amoureuse…
Aux éditions Actes Sud

Résumé de Fanny Hill : La Fille de Joie de John Cleveland

Dans une longue lettre à une amie, Fanny, l’orpheline, raconte les aventures qu’elle a connues après avoir quitté le village de son enfance. Avec franchise, elle évoque ici son expérience d’un plaisir vécu dans son évidence et sa pleine mesure. L’initiation de Fanny dans une  » maison « , les circonstances qui la conduisent à faire commerce de son corps avant de retrouver l’amour de sa vie, l’épanouissement érotique qu’elle révèle sont sans nul doute, pour leur accent de vérité, à l’origine du succès de ces Mémoires. Fanny Hill, la fille de joie s’est en tout cas très vite imposée comme une oeuvre de première grandeur dans la littérature érotique du XVIIIe siècle. La version quintessenciée de Fougeret de Montbron, fidèle par son charme et sa vigueur à l’original, permit en 1751 de découvrir en France une oeuvre dans laquelle ses  » lecteurs « , Elsa Grassot et Guillaume Badoual, voient ici une véritable éthique du plaisir.

Extraits de Fanny Hill : La Fille de Joie de John Cleveland

Lisez quelques passages du classique érotique Fanny Hill : La Fille de Joie de John Cleveland :

Quelque effet qu’eût pu avoir cette infâme passion en d’autres âges et dans d’autres contrées, c’était, ce semblait-il, une bénédiction particulière pour notre atmosphère et notre climat, qu’il y avait une tache, une flétrissure imprimée sur tous ceux qui en étaient affectés, dans notre nation tout au moins. En effet, sur un grand nombre de gens de cette espèce, ou du moins universellement soupçonnés de ce vice, qu’elle avait connus, à peine en pouvait-elle nommer un seul dont le caractère ne fût, sous tous les rapports, absolument vil et méprisable ; privés de toutes les vertus de leur sexe, ils avaient tous les vices et toutes les folies du nôtre ; enfin, ils étaient aussi exécrables que ridicules dans leur monstrueuse inconscience, eux qui haïssaient et méprisaient les femmes, et qui, en même temps, singeaient toutes leurs manières, leurs airs, leurs afféteries, choses qui tout au moins siéent mieux aux femmes qu’à ces demoiselles mâles ou plutôt sans sexe.

Aussitôt que nous nous trouvâmes ensemble dans la chambre, laissés à nous-mêmes, la vue du lit qui me rappelait nos premiers plaisirs et la pensée que j’allais dans un instant le partager avec le cher possesseur de mon cœur vierge m’émurent si fortement que je fus obligé de m’appuyer sur Charles. (…) Mais à présent la vraie passion, la passion épurante, avait repris possession de moi, avec tout son cortège de symptômes: une douce sensibilité, une timidité tendre, des élans d’amour tempérés de réserve et de modestie. (…) En un mot, une véritable vierge en face du lit nuptial n’eût pas plus rougi dans son innocence que je ne le faisais dans le sentiment de ma culpabilité, et réellement j’aimais Charles avec trop de sincérité pour ne pas sentir amèrement que je ne le méritais pas.